29 avril à 1 mai 2016

Oyé oyé.

Ca fait tellement longtemps que je me suis épanchée, et pour tout vous avouer, j'ai horriblement la flemme de me justifier. En même temps, je ne vais pas me justifier pour moi-même! Je ne sais même pas si ma nature est justifiable, alors.

 

Avant que je m'égare dans une auto-perdition, laissez-moi vous parler un peu de cette nouvelle vie de lycéenne qui est la mienne.

Je suis dans un lycée banlieusard du nom de Christophe Colomb, où les élèves pratiquent aussi bien les sciences que les pipes dans les toilettes entre deux cours ; et je parle en connaissance de cause, pas par expérience, je vous rassure.

Disons que lorsque je suis arrivée dans ce lycée, j'étais entre euphorie et horreur, même si il faut dire que la peur primait bien évidemment sur le reste : en fait, j'étais pétrifiée. Et le mot est faible. 

En ma qualité de fille-de-petite-taille-introvertie-mais-qui-veut-se-montrer-extravertie, me faire des amis a été beaucoup, BEAUCOUP plus rapide que prévu, et il faut dire que je me suis étonnée moi-même.

La toute première fut Lisa, une petite blonde de ma taille, yeux bleus, nez trompette, lèvres effacées : bien qu'elle soit tout mon contraire soit extravertie, sociable, aguicheuse, je l'adore, vraiment. Et même si elle collectionne sur son tableau de chasse peut-être bien une vingtaine de gars et soirées trop alcoolisées - et même des fois les deux en même temps -  elle excelle comme copine : elle a toujours le mot pour rire, jamais celui de trop. Elle n'est pas du genre à se moquer, à juger sans connaître. Et il faut dire que, lorsqu'au début de l'année, quand je me pavanais en chaussure à plateforme, t-shirt de groupe et ras-de-cou gothique, cela m'a vraiment beaucoup touché. Et je l'aime toujours autant.

Et puis dans la même journée est venu Martin Constantinides, un gars de taille moyenne, cheveux ébènes taillés en un quelque chose tendance, yeux verts, nez retroussé, barbe de trois jours sexy et muscles assez bien dessinés. En résumé et en addition avec sa sensibilité poétique, son relationnel sérieux et le fait qu'il gratte sa Taylor comme personne, il a tout du mec parfait. Et il est doté d'un charme fou et charismatique : en d'autres mots, un face-à-face oculaire avec Martin Constantinides sera très, très, très difficile à conclure. Il est tout simplement hypnotisant. Et lui aussi ne juge pas sur l'apparence. Il cherche plus loin, il creuse. J'aime ça. Et je dois bien l'avouer, je me suis fait violence pour ne pas tomber sous son charme ravageur.

Et puis il y a Margaux. Quand on sait que ses parents l'ont nommé ainsi à cause (ou grâce, dépendamment du point de vue adopté) du fameux vin, on est à peu près sûrs qu'il s'agit d'une femme de caractère. Et pourtant son physique candide, une petite chose blonde, yeux bleus est vraiment trompeur. Margaux est effectivement bien une femme de caractère, enfin c'est ce qu'on peut le croire : elle cultive en vérité une jalousie maladive qui naquit à cause d'un inexorable manque de confiance en elle-même. Margaux est semblable à moi : elle aime la démesure, déteste l'abandon. Aime la liberté, le sexe, déteste du plus profond de son être la trahison. Bien que nous ayons un caractère très similaire - ce qui fait d'elle sans aucun doute la rencontre la plus inoubliable de cette année -, sa possessivité donne lieu à divers problèmes. Mais je l'aime tant, ô que je l'aime telle qu'elle est.

Il y a aussi Jérémy. Je cultive avec lui une relation d'amour-haine aussi bien touchante qu'insupportable. C'est un grand jeune homme brun d'origine malgache : des cheveux à la Kev Adams, un nez crochu, une petite lèvre marquée et de petits yeux marrons. Dès le début, je me suis attachée à lui. Et c'est sans aucun doute celui avec qui j'ai passé le plus de temps à rigoler cette année.

Il y a aussi Antoine Roubaud et Antoine Schiano, Mélanie Guerbert-Denis, Théo Delgrange, Aurore Pujol, Samy Corbier, Sébastien Dupuy, Dannick Dorville que j'aimerais aussi évoquer. Mais, c'est inutile. M'épancher sur chaque élève de cette classe de trente-cinq me prendrait des heures et ma mobilité du poignet, alors.

Passons aux choses sérieuses, au sujet que vous attendez tous...

... L'amûr.

Alors, puisqu'en ma personne de flemmarde je n'ai pas écrit depuis près d'un an et demi, vous ne pouvez pas savoir que je ne suis plus avec Théo Arab depuis plus de 7 mois. Je me suis mise avec lui en novembre 2013, et l'idylle s'est fini en septembre 2015. Il faut avouer que pour une adolescente de 13/15 ans, 2 ans de relation, ce n'est pas négligeable. Et ce fut, je dois l'avouer, deux années intenses, dans le bon comme dans le mauvais sens.

Laissez-moi m'expliquer !

Je suis tombée inéluctablement et profondément amoureuse de Théo Arab. Et c'était comme une chute inévitable dans un vide certain, dans un monde parallèle incertain. C'était comme l'aube d'une aventure nouvelle et dangereuse, et je devais évoluer dans l'environnement hostile et inconnu du sentiment amoureux.

Car oui, malgré mes 13 ans et des bananes, je peux le clamer haut et fort : j'ai remué en moi le plaisir goutu de l'Amour avec un grand A.

Et je me fais peur à moi-même, car j'ai l'impression que l'amour passionnel, tel que je l'ai vécu, n'était pas quelque chose de si bénéfique que ça, enfin pour lui en tout cas. L'amour a tout détruit sur son passage, il a dévoré nos entrailles pour ne laisser plus un seul endroit sans la trace de son passage ravageur. Enfin, le mien d'amour a ravagé tout le corps et l'esprit de Théo. Je l'ai cultivé dans son entièreté, je l'ai vécu à un pourcentage infini, comme si il était l'homme de ma vie et que notre idylle allait se rompre demain. Il m'avait dans la peau. Et lorsque j'eus fini cette mission, je devins voyante ; et savez-vous ce que je vis ? Tous ses défauts les plus horribles, putrides, signifiants de dégoût, de l'analogie de tout ce que j'ai toujours détesté. Un condensé d'intolérance, de paranoïa, de jalousie, de manque d'ambition, d'introversion, de fermeture d'esprit, de bêtise : voilà ce que représentait à la fin Théo Romain Arab. Il n'était que le néant. Et tout son corps, je l'avais digéré, et sur lui, il y avait moi. Je sais qu'il a beaucoup de mal à m'oublier, même encore aujourd'hui. Et pourtant moi, je n'ai eu aucun mal à l'oublier. Il est parti aussi simplement qu'il est venu, comme ça.

C'est la vie. Mais je vis au jour le jour et chaque jour doit être vécu comme si il était le dernier. Cela ne sert à rien de se lamenter sur son sort. La vie est si courte, et les lamentations la raccourciront un peu plus.

Pour tout vous avouer, je décidai de mettre une croix définitive sur Théo Arab pour me mettre avec Julien Moulin. Oui, mon meilleur ami d'hier, ex connard trompeur aujourd'hui. Je n'ai aucune envie de me pencher sur le sujet, je n'avais pas de sentiments et je n'ai pas de ressentiments. Je suis restée avec lui de septembre à novembre 2015 et je ne pourrais vous communiquer de dates, j'en sais foutrement rien. La seule chose que je peux vous confirmer, c'est qu'il se débrouillait beaucoup mieux que Théo. M'enfin, l'amour charnel est pour moi encore quelque chose d'exigu et de complexe.

Et enfin, nous arrivons au présent. Après près de 6 mois laborieux de célibat ennuyeux, de questionnement sur moi-même, d'un pic (vers le bas) de ma self confidence, ah et oh, d'une prise de poids spectaculaire, voilà où j'en suis.

 

 

 

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