Cher journal,
Cela fait plus d'un an que je n'ai rien posté ici. Mais aujourd'hui est le bon jour.
Cela fait deux jours que je vois le fameux Tiziano : c'est un photojournaliste. Nous venons objectivement de deux mondes très différents, mais nous avons en commun une passion incommensurable pour le milieu artistique. Tiziano, je l'ai rencontré en octobre dernier grâce à Tinder. Je suis immédiatement tombée folle de ses photos, de ses beaux cheveux bouclés sombres et de son visage si enfantin.
Mais ce n'est qu'hier que j'ai pu finalement le voir. Je suis, comme à mon habituel, si timide avec lui, alors qu'en réalité il n'y a strictement aucune raison que je le sois. Il est extrêmement compréhensif et attentif, ça se voit. Il a l'humour fin, piquant. Il est bavard, prévenant, passionné. C'est un esprit libre en acte, tandis que je ne luis encore qu'en puissance.
Mais il est si beau, Tiziano. Son sourire est tout bonnement dévastateur, surtout que ses discrètes tâches de rousseur ne viennent pas arranger les choses.
J'ai fait mon tout premier tour en scooter avec lui. Au début, je dois bien l'avouer, j'étais un peu terrorisée : on n'est pas attachés, sur un scooter ; on slalome tant bien que mal entre les nombreuses voitures des routes parisiennes enclavées ; on goûte au grand air du périph' à 90km/h, le vent dans la gueule. Mais je dois bien avouer que je m'y suis vite fait à tout ça. Au scooter. A nos mondes si différents. A lui. Et dès lors que je monte sur ce scooter, je ne peux pas m'empêcher de contempler cette métropole que j'affectionne tant, dans ses quartiers populaires comme aisés, dans la pluie comme dans la massue du soleil aveuglant. Je me sens si libre à l'arrière de son scooter, comme si rien ne pouvait m'atteindre alors que l'on ne peut être plus vulnérable. Alors je souris niaisement comme l'enfant que je suis encore un petit peu.
Le 5 septembre 2018, Tiziano et moi nous sommes vus et avons dormi ensemble. Au début, on ne savait pas où aller. Alors on a commencé par mon tendre Saint-Michel, dans le bar huppé "Saint Séverin" où les cocktails sans alcool se négocient à neuf euros tout pile. Puis nous nous sommes baladés entre les jolis bâtisses du 3e arrondissement, là où j'ai déjà construit tant de souvenirs. Le BHV. La librairie ésotérique. Mais tout s'efface avec lui à mes côtés, avec ses magnifiques yeux noisettes qui me teasent à chaque fois que je tente de les croiser. Tiziano aime m'embêter, comme j'adore embêter ceux que je trouve plus timides que moi. Dans les rétroviseurs de son scooter. Assis en face de moi à siroter son Koh Suhi. Lorsque je souhaite absolument régler dix-huit balles pour qu'il arrête de tout payer pour moi car je déteste désespérément ça.
Je dois dire qu'au début, j'ai eu beaucoup de mal à faire le pas et finalement embrassé ses lèvres pleines. Je savais qu'il avait envie, pourtant - et pour une raison inexplicable -, les petites rues parisiennes m'en dissuadaient. J'avais besoin de me retrouver seule avec lui dans un petit cocon où aucun autre regard que le sien ne se poserait sur moi. Non pas que j'ai honte, jamais. Mais avec lui, je voulais rendre les choses davantage spéciales, à son image.
Puis nous sommes allés à la petite fête foraine près du bois de Boulogne. Je posais timidement mes mains sur ses épaules. Portais mon bras au sien. Et à chaque seconde, je devais me retenir de me précipiter entre ses bras ; de le contempler passionnément. Il est si beau, Tiziano. Je sais que tu en doutes, mais tu n'as pas à.
Finalement, on a trouvé notre petit cocon 5 rue du Débarcadère près de Porte Maillot, dans un AirBnB prêté par son ancien propriétaire. Je me souviendrai toujours du minuscule ascenseur confiné où nous avons dû nous coller l'un à l'autre pour rentrer. Tiziano a commandé à un jap's du 18e, puis nous avons discuté des infos débinées par BFMTV-poubelle.
On s'est finalement posés dans le lit de l'unique petite chambre. Au début, le plus logique pour nous était de lancer un petit film Netflix et de se poser tranquillement. Mais nos sentiments en ont décidé tout autrement.
Notre choix se reporta sur le fameux Will Hunting, le biopic d'un mathématicien de génie. Dès qu'il lança le générique sur son Mac, je vins enfin faire le premier vrai pas, à savoir me réfugier dans ses bras protecteurs. Au bout de quelques secondes interminables, je relevai la tête. Tiziano me regardait passionnément, et même dans la pénombre je pouvais deviner l'expression de ses magnifiques yeux bruns.
Alors on s'embrassa passionnément, et ce fut pour moi une délivrance totale. Des frissons électriques vinrent parcourir mon échine jusqu'au bas de mon dos. J'avais attendu ce moment depuis si longtemps, et voici qu'il arrivait, plus intense que je n'aurai pu jamais l'imaginer.
Tiziano parcourait mon dos du haut jusqu'en bas avec le bout de ses ongles, embrassait mon cou, me serrait fort, attrapai mes fesses fermement. C'était une véritable tornade d'émotions, une torpeur inimaginable, une intensité inédite. Il était si doux et dominant à la fois, il savait où il devait aller. Je le retrouvai plus que jamais, dans ce candide mélange entre domination et romantisme. Je ne pouvais plus le lâcher. L'espace de ces quelques secondes, je lui appartenais.
Après un rapide déshabillage, j'expérimentai pour la première fois le 69. Tiziano savait que je n'aimais pas les préliminaires sur moi, que j'évitais à tout prix que l'on touche cette partie si intime de moi. Pourtant - même si il ne s'y prenait pas extrêmement bien -, il a réussi à me mettre en confiance, à trouver ce qui me plaisait vraiment. Il n'était pas égoïste comme tous ces autres que j'ai connu. Il pensait aussi, chaque seconde, à mon propre plaisir ; ne faisait pas du sien une priorité.
Puis le moment de passer à l'acte arriva. Je décidai de me placer sur lui, parce que c'est ce que je préfère. Et tandis que je sentais ses vas-et-viens en moi, je pouvais toujours l'observer, l'embrasser, voir son visage se tordre sous l'effet du plaisir, entendre sa respiration s'accélérer. Il était si beau, Tiziano. Puis il finit. Il revint sur moi et tenta de faire la même chose. Tentative plus ou moins réussie, mais je suis une personne difficile, alors ce genre de sensations est toujours ardue à obtenir chez moi...
Puis nous repartîmes pour un round 2, sans pénétration cette fois-ci. Simplement des frottements, des morsures dans le cou, des baisers langoureux. Je le finis avec ma bouche. Le voir se tordre sous le plaisir était incroyable.
Enfin, nous eûmes fini. Alors, on passa de longues minutes collés l'un à l'autre, nus, ma tête sur son torse que je pouvais à peine distinguer dans la pénombre. Et même ce moment-là, qui était pourtant si simple, était extraordinaire. Je ne pouvais cesser de le sentir, de le mordre, de l'embrasser. L'avoir à mes côtés était un pur cadeau du ciel, une incroyable faveur de Zeus.
J'avais attendu ce moment tellement longtemps, et voici que Tiziano Da Silva était ici, dans mes bras, nu et endormi. Je ne pourrai oublier ses petites bouclettes évanouies sur l'oreiller, ses longs cils en bataille, sa bouche langoureuse légèrement entrouverte. Je me souviens l'avoir observé un long moment comme ça, fascinée, passionnée, perturbée.
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Je ne saurai pas encore déterminer la nature de mes sentiments pour Tiziano Da Silva.
J'espère juste que c'est le début d'une relation plus que spéciale qui s'amorce.
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