Novembre.
Ai-je déjà parlé de ma passion invétérée pour ce mois si précieux à mon inspiration ? Il ne suffit que de jeter un œil rapide à la chronologie des nombreux articles de ce journal intime pour constater que novembre tient une place particulière dans l'expression des émotions de mon intellection.
Mais novembre n'incarne pas uniquement le doux souffle de mon esprit émeutier. Il est tout autant le mois le plus propice à ma propre introspection, - à mes propres introspections -. Les premiers vents de l'hiver lèvent, avec eux, le besoin invétéré de dresser le bilan.
Le bilan, en cette fin d'année 2022 s'en trouve plutôt chargé. S'il fallait le résumer en un terme unique, et suffisamment compendieux, j'admettrais volontiers qu'il s'agirait du renversement, du bouleversement.
Le bouleversement, de manière profondément intrinsèque, n'incarne rien de plus que la carte de la Tour au tarot ; il est substantiellement impossible de le circonscrire dans aucun manichéisme. Le bouleversement ne s'intéresse non pas aux moyens, mais aux fins. Le bouleversement ne se manifeste qu'au travers les fins ; il est l'état qui résulte de l'ébranlement des moyens.